Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 13:29
- Publié dans : POLLUTION & SANTE


Les pesticides sont présents dans notre eau
mais aussi dans nos autres aliments
  
_____  2004 _____

 

C’est ce qu’il ressort du rapport annuel de la direction générale de la santé et de la consommation de la commission européenne (DG SANCO) révélé par le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (Mdrgf). Cette étude sur les résidus de pesticides dans l’Union Européenne en 2004 montre une augmentation du pourcentage des fruits, légumes et céréales contenant de tels résidus. En Europe, 47% des aliments analysés contiennent des résidus de pesticides dont 5% non conformes à la réglementation (dépassement des Limites Maximales en Résidus - LMR). A noter qu’en 2003, la contamination ne concernait que 42% (sic !) des aliments avec des dépassements de LMR identiques aux nouveaux chiffres.

Les aliments pour bébé n’échappent pas à cette pollution : 8,7% d’entre eux contiennent des résidus de pesticides et 2, 7% des échantillons dépassant les LMR.

Pour la France ce sont 48% des aliments qui contiennent des résidus de pesticides dont 4% dépassant les LMR. Si la situation semble s’améliorer pour les légumes (34% d’aliments contaminés en 2004 contre 41% en 2003), la situation est inverse pour les fruits : 65.7% contiennent des pesticides en 2004 contre 64.5% en 2003 et surtout pour les céréales où il n’y avait aucun dépassement de LMR en 2003 alors qu’en 2004 ce sont 2.4% des céréales analysées qui sont au-dessus des LMR.

- Le site du MGDRF
Mise en ligne : 7 novembre 2006


_____  2009 _____


liberation.fr, Laure Noualhat, le 13 juillet 2009


Les assiettes européennes, combien de pesticides ?


Alimentation. Une étude présente les résultats d’analyses massives.

L’Union européenne vient de publier les résultats d’une étude sur les résidus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales européens. Au fil des préoccupations environnementales, c’est devenu un sujet de saison qui pousse chaque été à l’ombre d’une liste angoissante de molécules chimiques.

La France est toujours l’une des plus mauvaises élèves de la classe européenne…


En a-t-on trouvé beaucoup ?

Oui en quantité, non en dose. Le rapport annuel de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (1) distingue deux choses : la présence du pesticide et les limites maximales résiduelles (LMR), la première n’induisant pas le dépassement de la seconde.

Le rapport révèle donc la présence de produits phytosanitaires de synthèse dans 45 % des céréales, fruits et légumes analysés dans les 27 Etats membres, mais 96 % des denrées testées ne dépassent pas les limites. L’analyse des 74 305 échantillons de plus de 350 marchandises a permis de détecter 374 pesticides différents, dont 72 dans les céréales. Et 25 % contiennent plusieurs molécules simultanément, contre 15 % il y a dix ans. En France, 52,24 % des échantillons contiennent des produits phytosanitaires de synthèse et 8,54 % dépassent les LMR. Plus grosse consommatrice de pesticides en Europe (110 000 tonnes, dont 100 000 pour l’agriculture), la France est un des cancres de l’Union.


Leur présence est-elle un scoop ?

Non. Les pratiques de l’agriculture intensive rendent inévitable la présence de ces produits dans les aliments. Leur usage et leur présence sont sous surveillance depuis 1995. En 2007, le dernier rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a montré des résidus dans un fruit ou un légume sur deux. Mais tout est question de quantité : 44,5 % des échantillons présentaient des teneurs inférieures aux LMR. Seuls 7,6 % les dépassaient.

Au rayon des moins respectueux des limites, on compte poivrons, tomates, poireaux, laitues pour les légumes ; fraises, raisins et mandarines pour les fruits.

Est-il possible de les éviter ?


Non. Les LMR de pesticides correspondent aux quantités maximales attendues. Elles sont établies à partir des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l’autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire. C’est donc à l’agriculteur de respecter les informations fournies sur l’étiquette du bidon : la dose, le nombre et le rythme d’applications. Il existe donc une LMR pour chaque fruit, légume (ni lavé, ni épluché) ou céréale. Et pour chaque pesticide. Lors de la mise sur le marché de ce dernier, on mène aussi des essais sur les produits transformés (jus de tomates, farine, bière…).

Le Grenelle de l’environnement prévoit de diviser par deux l’usage de pesticides d’ici à 2017. Même les produits issus de l’agriculture biologique, qui bannit l’usage de pesticides de synthèse, présentent des résidus ; 1,24 % seulement dépasse les LMR.


Est-ce dangereux pour la santé ?

Tout dépend de la dose. Même si tout le monde consent qu’avaler des produits chimiques de synthèse n’est pas un gage d’excellente santé. Les troubles aigus dus aux pesticides frappent les muqueuses et la peau (40 % des cas étudiés), le système digestif (34 % des cas), le système respiratoire (20 %), le reste de l’organisme (24 %). Les études s’affinent. Fin juin, l’Inserm a établi un lien entre l’usage de pesticides et la maladie de Parkinson dans la profession agricole.

(1) www.efsa.europa.eu

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