Publications récentes d'igepac
- Les eaux que nous buvons
( 1 - Généralités )
( 2 - La chimie de l'eau buvable )
( abonnement & tarification progressive )
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Un scandale parisien de plus, après les épandages ?
L’eau du centre ville de Paris est chargée en nitrates de 30 à 40 microgrammes par litre, la limite de qualité est de 50. Au delà de ces 50 microgrammes par litre, l'eau est interdite de boisson aux femmes enceintes et aux nourrissons et les collectivités doivent rechercher d'autres sources d'approvisinnement en eau potable.
Paris conseille de mettre son eau dans les biberons. Est-ce une propagande digne et responsable de la part d'élus qui viennent de reprendre en début d'année la gestion de cette eau ? NON, évidemment.
igepac déconseille fortement l'utilisation de cette eau dans la préparation des biberons, pour des raisons évidentes que nous allons rappeler.
Le nitrate est un composé inorganique formé d’un atome d’azote (N) et de trois atomes d’oxygène (O). C’est un ion, une molécule de charge négative qui est donc associé à un autre ion positif. Sa formule chimique est NO3 -.
Naturellement, les eaux superficielles et les sols renferment de l’azote, des nitrates. Les aliments, en particulier les légumes comme la betterave, le céleri, l'épinard, la salade et le radis en contiennent abondamment. Les fruits, les viandes salées, les poissons et les produits laitiers peuvent en contenir une dose plus ou moins importante.
Une autre source importante d’exposition peut provenir de l’eau du robinet, les nitrates provenant des engrais utilisés en agriculture. Par infiltration et lavage du sol, ils atteignent les nappes phréatiques et les cours d’eau, polluant ainsi les eaux souterraines et superficielles utilisées pour notre alimentation.
Les nitrates sont des sels minéraux, solubles dans l’eau, donc facilement assimilables et rejetables par notre organisme. Dans notre estomac d’adulte il y a une acidité qui n’existe pas encore chez le nourrisson et les nitrates ingérés sont alors réduits à l’état de nitrites. Ces nitrites vont ensuite perturber l’équilibre sanguin*, c’est pourquoi ils sont interdits à la consommation pendant les premiers mois du bébé, l’eau utilisée pour la préparation des biberons ne doit donc pas contenir de nitrates.
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( * L'hémoglobine est une protéine dont la principale fonction est de véhiculer l’oxygène dans notre organisme. Elle réside principalement dans les globules rouges du sang ce qui leur donne la couleur rouge. L’ion nitrite diminue l’apport d’oxygène, en transformant par oxydation l’hémoglobine en méthémoglobine, une protéine qui ne transporte pas l’oxygène. ) |
Paris fait sa pub sur Internet et déclare pourtant que l’eau de Paris « peut être utilisée pour la préparation des biberons sans aucun risque », ce qui paraît complètement irresponsable ! De plus les crèches utilisent cette eau du robinet. Un enfant de deux ans boit environ trois quart de litre d’eau par jour ( un demi-litre dans le lait en poudre et un quart en eau pure ). En rapport avec son poids, cela revient à tolérer pour un adulte une eau contenant de 60 à 80 microgrammes de nitrates par litre, … ce que la loi ne permet pas.
Pour les adultes, c’est l’excès de consommation d’aliments contenant des nitrates qui est déconseillé dont l’eau est souvent un apport important, et dans ce sens, cet excès est comparable à tout excès nutritionnel dû aux graisses ou aux sucres, par exemple.
En absence de certitudes des conséquences de la surconsommation de nitrates, les préventions du risque sanitaire s’imposent. L’OMS ( Organisation Mondiale de la Santé ) a établi une dose journalière acceptable pour les nitrates présents dans les aliments de 3,65 milligrammes de nitrates par jour et par kilogramme du poids d’un individu, nourrisson exclu évidemment. Pour une personne de 60 kg, la dose acceptable est d’environ 220 milligrammes.
Les nitrates ne sont pas des poisons mais leurs présences doivent nous rendre vigilants car si les cultures demandent des nitrates, elles associent toujours des pesticides qui, eux, sont de véritables poisons et de plus, ceux utilisés localement, ne sont pas tous recherchés. En concentration dans l’eau, ils sont reconnus être 500 000 fois plus dangereux que les nitrates. Leur limite de qualité est de 0,1 microgramme par litre comparée aux 50 milligrammes des nitrates.
Extrait d'un dossier igepac en préparation " les eaux que nous buvons "
Avec le même sens des responsabilités
et de la propagande
Pour soutenir le marché viticole national,
pourquoi ne pas conseiller de prendre
un petit verre d'un bon vin français
avant de prendre la route ?
II n'y a aucun risque,
puisque c'est légal.
Merci à Justine pour avoir suscité cet article.
" La politique de l'Eau a ses
raisons
que la raison ne connaît pas "
ensuite, rendez-vous à l'accueil
1/ La fourniture de l’eau doit être un service public, sa gestion financière doit être faite par la
collectivité.
2/ L'eau des particuliers doit être différenciée de celle des activités professionnelles : suppression des parts
fixes ( abonnements ) et en urgence celle de la partie assainissement.
3/ L'Agriculture polluante doit payer sa propre pollution, sinon cette pollution doit être prise en charge par la collectivité
nationale.
Mon professeur de maths au lycée nous mettait souvent en garde contre l’usage des moyennes en nous racontant l’histoire de l’homme qui s’était noyé dans un lac de 15 cm de profondeur moyenne…
Espérons que les professeurs de demain ne puissent pas raconter dans le futur l’histoire du bébé atteint de méthémoglobine pour avoir bu l’eau de Paris, dont la teneur moyenne en nitrates était pourtant très inférieure à la norme… La méthémoglobine, vous savez, c’est ce qu’on désigne couramment par l’expression « syndrome du bébé bleu ». C’est aussi l’une des maladies graves liées à l’eau et recensées officiellement par l’OMS comme le montre ce lien : http://www.who.int/water_sanitation_health/diseases/methaemoglob/fr/index.html
Eau de Paris tient aux Parisiens un discours rassurant sur la qualité de l’eau de leur robinet, écrivant même, dans son guide « boire l’eau de Paris », qu’autant pour les : « Femmes enceintes [que pour les] nourrissons, il est recommandé de boire l’eau de Paris ». A l’appui de cette communication proactive un tableau comparatif des teneurs comparées en minéraux de l’eau de Paris et des eaux minérales les plus prestigieuses, indiquant en particulier un taux de nitrates de 29 mg/l, sensiblement inférieur à la norme de 50 mg/l.
Source : boire l’eau de Paris, Eau de Paris
Ce qu’Eau de Paris dit beaucoup moins fort, c’est que ce taux varie sensiblement selon les quartiers de Paris, et peut flirter dans certains cas avec la norme, norme considérée par beaucoup de pédiatres comme trop élevée pour les très jeunes enfants…
http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/dossiers/eau/articles/13195-eau-biberon.htm
Cette réalité est d’ailleurs clairement exposée dans le témoignage sur doctissimo d’une internaute parisienne qui, visiblement inquiète, a mesuré à plusieurs reprises à son robinet des taux voisins ou supérieurs à 40mg/l.
Le témoignage de cette femme confirme les chiffres, certes publiés sur le site d’Eau de Paris, mais plus discrètement, concernant certaines zones de Paris. On y constate ainsi des « moyennes » variant de 37 à 40mg/l, avec des maximas jusqu’à 46mg/l.
C’est ce qu’on retrouve également dans le graphique que j’ai publié le 26 septembre dernier. Il démontre clairement que la concentration en nitrates sur les sources du Provinois, (qui alimentent Paris en eau), n’a jamais été inférieure à la norme depuis 1979…
Tout à sa volonté de promouvoir les vertus gustatives et écologiques de l’eau du robinet, Eau de Paris ne ferait-il donc pas fi un peu rapidement du principe de précaution ?
Intrigué et scandalisé, et malgré le droit de réserve auquel je suis tenu, j’ai décidé d’aller plus loin… et ces inquiétudes et témoignages ont été légitimés par les mesures que j’ai dernièrement faites moi-même sur de nombreuses fontaines de Paris situées dans des quartiers différents, et qui montrent clairement des concentrations très différentes (cf photos à venir) !
Conclusion : boire de l’eau à la moyenne n’est sans doute pas dangereux, mais c’est une eau que personne ne boit ! De même que personne ne se baignait dans les 15 cm de profondeur moyenne.
Alors, dangereux ou pas ? Comme je l’avais souligné dans mon post d’il y a quelques jours, le doute existe pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge. Eau de Paris doit une information précise aux habitants des quartiers concernés.
Tout ceci, me direz-vous, est certes inquiétant, mais pourquoi s’intéresser à cette question sur mon blog dédié à l’écologie essonnienne ?
Castelvirois, ne vous réjouissez-pas trop vite ! Car c’est justement cette eau en provenance du Provinois que vous pourriez avoir à votre robinet dans quelques mois, si j’en crois les annonces du Président de notre agglomération (cf mon post du 22 avril dernier) Gabriel Amard…
J’ose espérer que la qualité de l’eau que nous pourrions boire dans le futur sera étudiée par nos édiles aussi attentivement que celle que buvons actuellement, et publiée par la Régie avec la même transparence…
La clé est verte...